Le coin du rédacteur en chef
photo MDN HS2009-0315-034 prise par le corporal-chef Robin Mugridge
Constamment à l’affût de jeunes talents pour la relève, le CEMD, le général Walt Natynczy, consulte un grand conseiller naval pendant une visite à Halifax, le 27 juin 2009.
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Voici une nouvelle édition de la Revue militaire canadienne, qui, comme en témoigne l’inscription « 2010 » apparaissant en page couverture, entame maintenant la deuxième décennie de son existence. Tel que mentionné brièvement dans le dernier numéro, la Marine canadienne fête cette année son 100e anniversaire. En guise d’hommage, tous les numéros de 2010 aborderont des sujets liés au domaine naval et arboreront le logo commémoratif sur leur page couverture. Encore une fois, bon 100e anniversaire à tous nos marins.
Votre œil de lynx vous aura peut-être permis de remarquer l’aspect plus « svelte » de cette édition. Ceci est dû au ralentissement économique qui a malheureusement quelques répercussions sur la RMJ. En effet, les nouvelles limites quant au poids et aux dimensions des envois postaux nous forcent pour le moment à restreindre quelque peu la taille de nos numéros. Je m’engage toutefois à utiliser tous les trucs dans mon sac de rédacteur en chef afin de réduire le plus possible les conséquences de cette contrainte financière.
L’article principal de cette édition est le fruit d’un ancien chef d’état‑major de l’Armée de terre, le Lieutenant‑général (retraité) Mike Jeffery. Il s’agit d’un résumé de l’étude de cas que le Lgén (retraité) Jeffery a réalisée au sujet du leadership institutionnel pendant la transformation des Forces canadiennes (FC) et qu’il a consignée sous la forme d’un livre intitulé « Inside Canadian Forces Transformation: Institutional Leadership as a Catalyst for Change ». Le Lgén (retraité) Jeffery y traite du processus de transformation et de la façon dont ce dernier a été influencé par le style de leadership du chef d’état‑major de la Défense (CEMD) de l’époque, le Général Rick Hillier.
Par la suite, le Colonel Howard Coombs aborde le changement de paradigme qui s’est produit dans la pensée militaire canadienne à la suite de l’intégration, en 1987, du niveau opérationnel de la guerre en tant que base de l’éducation militaire professionnelle au Collège des Forces canadiennes (CFC). Fort de l’appui reçu au sein de la US Army et de son adoption par les armées allemande et soviétique de l’époque, de même que de la promotion qu’en ont fait les officiers visionnaires du CFC, ce changement, selon Coombs, a démontré à quel point les leaders militaires du Canada étaient prêts à adopter une vision principalement américaine de l’organisation de la guerre.
Le professeur Marc Imbeault, qui enseigne la philosophie et le leadership au Collège militaire royal de Saint-Jean, se penche ensuite sur la participation canadienne à la guerre en Afghanistan à la lumière du récent énoncé de politique étrangère qui réaffirme l’engagement du Canada à respecter les droits humains fondamentaux et, au besoin, à combattre pour ces droits. Monsieur Imbeault croit que l’engagement du Canada en Afghanistan est tout à fait logique et qu’il démontre la cohérence entre le discours officiel de l’État canadien et les actions concrètes entreprises par le pays à l’échelle mondiale.
Dans ce numéro, c’est le Major « Skip » Fawcett, Contrôleur – Aérospatiale, qui prend les rênes de la section « Histoire militaire » alors qu’il passe en revue les impératifs militaires et politiques qui ont mené à la création du Commandement de la défense aérienne de l'Amérique du Nord, nom que portait le NORAD en 1958. Fawcett conclut que les préoccupations de souveraineté ont ultimement été « supplantées » par les impératifs militaires d’aujourd’hui et que l’effort de collaboration que représente le NORAD pourrait bien se poursuivre durant au moins 50 ans. Après tout, si cette entreprise était abandonnée, qui suivrait les déplacements du Père Noël la veille de Noël?
Puis, le Major Ray Stouffer relate les carrières militaire et civile du Maréchal en chef de l'Air Frank Miller, premier chef d’état‑major de la Défense et, qui plus est, ancien sous‑ministre de la Défense nationale. Le Maj Stouffer démontre de façon convaincante que ce leader remarquable, dont la formidable contribution a souvent été négligée ou non appréciée à sa juste valeur par les historiens de la guerre froide, a joué un rôle central dans les forces armées du Canada en les préparant aux grands changements engendrés par leur unification et leur intégration dans les années 1960.
Les questions de leadership restent un sujet de préoccupation central pour les Forces canadiennes. Dans ce numéro, nous avons l’honneur de faire connaître le point de vue d’un officier étranger invité au pays, le Colonel John Sims de la US Army, sur la recherche d’équilibre entre l’exercice du leadership et la vie personnelle.
Dans notre section « Opinions », le Capitaine Daniel Doran examine le rôle du corps des officiers de la Réserve de l’Armée de terre dans le contexte élargi des Forces canadiennes. Le Capt Doran souligne certains des défis les plus urgents et suggère des façons d’aborder ces défis afin d’assurer la pertinence des officiers de la Réserve dans le contexte opérationnel actuel. Puis, le Capitaine Louis Hénault, officier de systèmes de combat aérien, examine l’impact opérationnel de l’opération Allied Force, intervention aérienne de l’OTAN au Kosovo en 1999, et explique comment, selon lui, cette campagne a changé la façon de recourir à la puissance aérienne dans les conflits suivants.
Dans cette édition, notre fidèle Martin Shadwick jette aussi un regard sur l’avenir de la Force aérienne, en particulier tel qu’il est envisagé par le Centre de guerre aérospatiale des Forces canadiennes (CGAFC) pour ce qui est de l’avenir souhaité, du développement et de l’expérimentation des concepts, de l’élaboration de la doctrine, de la recherche dans la Force aérienne et des leçons retenues. Finalement, en conclusion de ce numéro se trouve un véritable trésor de critiques de livres, au nombre desquelles une exceptionnelle critique double présentant des perspectives différentes sur un nouveau livre que plusieurs considèrent comme une reconnaissance et un hommage rafraîchissants envers un groupe de personnes dont le travail passe souvent inaperçu sur les champs de bataille modernes : les logisticiens.
À la prochaine,
David L. Bashow
Rédacteur en chef
Revue militaire canadienne
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