Le coin du rédacteur en chef

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L’été est de nouveau à nos portes dans le Grand Nord, et nous sommes de retour. J’ose espérer que nous avons réussi à glaner pour le présent numéro un échantillonnage de sujets intéressants et variés qui sauront piquer l’intérêt de nos lecteurs.

Pour ouvrir le bal, notre Chef d’état-major de la Défense (CEMD), le Général Walt Natynczyk, en collaboration avec Mme Nancy MacKinnon, de la Direction – Politique de l’hémisphère occidental au ministère de la Défense nationale, explore les questions du réengagement dans notre hémisphère en tant que nouvelle priorité nationale et de la complexité des enjeux de sécurité et de défense qui touchent cette région diversifiée. Le CEMD a été clair : le Canada possède une riche expérience sur laquelle il peut s’appuyer pour venir en aide aux autres, et « les possibilités de coopération et d’échange avec nos voisins de l’hémisphère occidental sont évidentes ».

Par la suite, le Lieutenant-colonel Dwayne Lovegrove réexamine ce qui – d’après ce que M. Robert Sutherland, du Conseil de recherches pour la défense du Canada, a établi en 1962 – constituerait les trois constantes de la politique étrangère canadienne, soit la géographie, l’économie et les intérêts nationaux élargis. Puis il analyse la validité de ces constantes aujourd’hui et le pourquoi de leur importance dans la politique contemporaine du Canada. Ce faisant, Lovegrove apporte une attention particulière aux liens spéciaux et étroits qui unissent le Canada et son voisin du Sud.         

Vient ensuite un article du Major Keith Cameron, un membre du génie de combat doté d’une grande expérience des opérations de déploiement, au sujet de « l’agitation qui règne en ce moment parmi les tribus afghanes, et particulièrement dans les tribus pathanes, qui constituent le gros des talibans et de l’insurrection soutenue du Sud ». Cameron conclut en proposant diverses solutions, toutes positives, pour interagir avec la culture pathane, qu’il qualifie de « mélange de tribalisme et d’islamisme ».

Dans l’article suivant, le Major (retraité) Gerry Madigan, logisticien ayant servi pendant de nombreuses années en tant qu’officier des finances, examine sous un nouvel éclairage les dépenses actuelles de la Défense, déplorant qu’elles n’aient jamais vraiment été expliquées aux Canadiens. Plus précisément, Madigan porte un regard critique sur la stratégie Le Canada d’abord, suggérant que bien qu’elle ait été valable et abordable lors de sa mise en place en 2008, elle ne peut échapper aux réalités économiques de 2010. Cela dit, Madigan aboutit tout de même à la conclusion que cette stratégie est toujours viable et pertinente pour notre pays dans le contexte économique actuel – avec toutefois certaines réserves et restrictions.

Pour amorcer la partie Histoire de la présente publication, le très distingué historien canadien Desmond Morton retourne aux sources et relate les réalisations du Corps-école d’officiers canadiens (COTC) de l’Université McGill à Montréal, depuis sa formation en 1912 jusqu’à sa dissolution en 1968. Bien que le militarisme national ait joué un rôle important dans la mise sur pied du COTC en 1912, aux dires de Norton, les années 1960 auraient été une période de « radicalisme étudiant et de […] dissidence politique qui régnaient au nord comme au sud du 48e parallèle », et étant donné les coûts élevés et le peu de reconnaissance associés à cette fière institution, cette dernière ne serait bientôt plus qu’un lointain souvenir.

À son tour, M. Robert Vineberg, agrégé supérieur de recherches à la Canada West Foundation, fait la chronique de la carrière peu reconnue du général britannique qu’il considère comme ayant été, plus que le Major-général Sir Isaac Brock, le véritable sauveur de la frontière de Niagara pendant la guerre de 1812 : le Major-général Roger Hale Sheaffe. Vineberg nous donne amplement matière à réflexion et nous présente de solides arguments quant aux raisons pour lesquelles, selon lui, Sheaffe n’aurait pas reçu toute la considération qu’il méritait.

Dans la partie Opinions de la présente revue, l’érudit militaire qu’est le Major Andrew Godefroy examine sous un nouvel angle l’influence qu’a eue le philosophe prussien du XIXe siècle du nom de Karl von Clausewitz, et invoque des arguments percutants pour nous convaincre qu’il est temps que nous nous détachions de Clausewitz et que nous nous fiions plutôt à notre propre génie et à notre propre héritage militaire. Le Capitaine de vaisseau (retraité) Peter Avis prend ensuite la plume pour explorer le système de portes et de corridors du Canada, un vaste réseau national d’interconnexions terrestres, maritimes, aériennes et cybernétiques en constante évolution et « qui tissent une toile à la grandeur du pays entre tous les piliers de notre démocratie (social, économique, environnemental, international, de sécurité et de défense) ». Cette partie se termine sur un article de David Mugridge, conseiller indépendant en sécurité et agrégé en recherches à l’Université Dalhousie, qui avance que la Marine canadienne gagnerait à mieux équilibrer ses programmes d’acquisition de navires. À la base, Mugridge est d’avis qu’il nous faut « maintenir des capacités de niveau supérieur, mais pas au point de limiter la capacité financière et opérationnelle de la force navale et de son personnel ».

Vient enfin le tour de notre collègue Martin Shadwick, qui spécule sur les rôles que le MDN et les FC pourraient être appelés à jouer après la campagne d’Afghanistan, puis, pour terminer, le lecteur a droit à tout un assortiment de critiques de livres, à commencer par un article de M. Bill Bentley sur A Soldier First: Bullets, Bureaucrats and Politics of War, l’œuvre du Général Rick Hillier.

Bonne lecture!

David L. Bashow
Rédacteur en chef
Revue militaire canadienne

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