Comptes Rendus

CANADA’S NAVY: THE FIRST CENTURY, DEUXIÈME ÉDITION
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CANADA’S NAVY: THE FIRST CENTURY, DEUXIÈME ÉDITION
par Marc Milner
Toronto : University of Toronto Press, 2010
391 pages, 35 $
ISBN : 978-0-8020-9604-3
Critique de: Jurgen Duewel
C’est en 1999 que Marc Milner a publié Canada's Navy: The First Century. Beaucoup ont vu dans ce livre l’un des meilleurs et des plus intelligibles ouvrages sur l’histoire de la Marine canadienne. Malheureusement, il a été publié 11 ans trop tôt. Milner vient maintenant de compléter son œuvre par une deuxième édition, qui comporte un 16e chapitre, intitulé Global Reach 1991-2010. Ce dernier chapitre, de même qu’une nouvelle préface et un nouvel épilogue, explique admirablement l’émoi qui prévalait au début des années 2000 et le chaos qui s’est installé dans le monde dans le sillage des attentats du 11 septembre. En 2001, les Forces canadiennes (FC) et la Marine canadienne tentaient toujours de se remettre d’une « période ténébreuse » et de compressions massives dans les forces armées lorsque les terroristes ont frappé le monde de plein fouet. Soudainement, le leadership a dû changer d’objectif et s’est vu contraint d’augmenter ses effectifs et ses équipements pour faire face à la nouvelle menace. Comme par hasard, explique Milner, les frégates de la Marine, récemment mises en service, sont arrivées juste à point. Le gouvernement Chrétien, sans vouloir se laisser entraîner dans une guerre terrestre en Irak, tenait néanmoins à être au diapason du reste de ses alliés de l’OTAN et de la réaction collective face à Al-Qaïda. Malheureusement, l’attitude « Prêt oui prêt » s’avérera une « arme à double tranchant », et la Marine deviendra rapidement victime de ses propres succès. En dépit de la valeur des frégates et de leurs équipages, et elles étaient effectivement hors pair, il y avait trop peu de coques et trop peu de gens pour constituer une présence vraiment durable, même pour le mandat limité de deux ans de l’opération Apollo, imposée par le chef d’état-major de la Force maritime d’alors. En raison des engagements frénétiques de la Marine, la refonte a mi-vie des frégates, qui devait débuter en 2002, a été différée jusqu’en 2010. De plus, les compressions de personnel qu’a subi l’effectif en 1995 continuent de hanter la Marine, qui finira par « s’épuiser ». Malgré l’augmentation du financement accordée par le gouvernement conservateur, l’hélicoptère embarqué promis depuis longtemps n’est toujours pas arrivé, et les navires appelés à remplacer les deux navires ravitailleurs, le NCSM Preserver et le NCSM Protecteur, semblent être restés en rade. Comme Milner le rappelle au lecteur, la situation actuelle de la Marine est malheureusement du déjà-vu. Pour justifier son existence aux yeux des Canadiens, la Marine doit continuer d’être mobilisée dans le monde et de prouver sa valeur comme instrument de politique publique. Toutefois, à cause de ses engagements des dernières années, la Marine se retrouve dans une situation peu enviable. En effet, elle doit rétablir ses effectifs et procéder à la refonte de ses bâtiments, tout en poursuivant ses opérations aux quatre coins de la planète : c’est-à-dire pourchasser les pirates au large des côtes d’Afrique de l’Est, apporter une aide humanitaire en Haïti, appuyer l’OTAN et mener des patrouilles de souveraineté dans l’Arctique.
L’ouvrage contient toutefois une ou deux erreurs. Par exemple, on y indique que les attentats perpétrés à Londres ont eu lieu en 2002 plutôt qu’en 2005, et l’ouvrage comprend une explication un peu simpliste de la transformation et de son incidence sur la Marine. Malgré tout, cet ouvrage, à l’instar de la première édition, propose un récit passionnant de l’histoire de la Marine canadienne et devrait occuper une place d’honneur dans la bibliothèque de tout officier de marine.
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Le Capitaine de corvette Jurgen Duewel est officier de marine de surface. En tant que membre du personnel de l’Académie canadienne de la Défense à Kingston, il est responsable de la troisième période de perfectionnement professionnel des officiers. Il détient une maîtrise en études sur la conduite de la guerre du Collège militaire royal et travaille actuellement à un doctorat en leadership pédagogique.


