Comptes rendus

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CANADIANS UNDER FIRE ~ INFANTRY EFFECTIVENESS IN THE SECOND WORLD WAR

Critique de: Howard Coombs

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CANADIANS UNDER FIRE ~ INFANTRY EFFECTIVENESS IN THE SECOND WORLD WAR
par Robert Engen
Montréal et Kingston : McGill-Queen’s University Press, 2009
x + 245 pages, 34,95 $
ISBN 978-0-7735-3626-5 (reliure de toile)

Compte rendu de Howard G. Coombs

L’ouvrage Canadians under Fire analyse une mine jusqu’ici inexploitée de questionnaires remplis directement par des officiers d’infanterie canadiens à l’issue des combats auxquels ils ont pris part pendant la Seconde Guerre mondiale en Méditerranée et dans le Nord-Ouest de l’Europe. Certains de ces chefs, comme le Major Jeff A. Nicklin, du 1er Bataillon de parachutistes du Canada, sont bien connus des passionnés canadiens des affaires militaires, tandis que d’autres le sont moins. Cependant, tous contribuent à la mosaïque dessinée par Robert Engen en montrant (traduction) « [...] sous un nouveau jour comment le Canada a combattu au niveau tactique pendant la Seconde Guerre mondiale ». Engen ajoute aussi que « [...] les carabiniers canadiens, comme le révèlent les questionnaires, étaient capables de s’adapter pour régler les problèmes que présentait le champ de bataille » (p. 145).

Un peu comme le fait l’historien militaire américain Russ Glenn, dans son livre Reading Athena’s Dance Card: Men against Fire in Vietnam paru en 2000, Engen conteste les résultats présentés par le chercheur de l’Armée américaine S.L.A Marshall dans son livre Men against Fire: the Problem of Battle Command in Future War datant de 1947. Dans son ouvrage charnière, Marshall a soutenu que 75 p. 100 des fantassins américains qu’il avait interviewés n’avaient pas fait feu de leur arme, qu’ils aient été provoqués ou non. Bien que cette donnée statistique ait été remise en question au cours des dernières années par des historiens tels que Roger Spiller, elle a influé sur certains programmes d’instruction des troupes et de la police tels que celui conçu par le Lieutenant‑colonel (Retraité) David Grossman de l’Armée américaine, auteur des livres On Killing: The Psychological Cost of Learning to Kill in War and Society et On Combat: The Psychology and Physiology of Deadly Conflict in War and in Peace, parus en 1995 et 2004, respectivement. En se fondant chacun sur ses propres sources, Engen et Glenn montrent que, dans les cas qu’ils ont étudiés, amener les soldats à tirer ne faisait pas problème, bien au  contraire. Voilà qui remet en question l’universalité de l’application des statistiques de Marshall!

Engen puise dans des questionnaires de combat archivés pour tirer des conclusions sur le vécu des fantassins canadiens pendant la Seconde Guerre mondiale. Il examine ces questionnaires comme si c’était des artéfacts historiques; il en détaille la structure et il mentionne le nom de ceux qui les ont remplis, et il peint un portrait sommaire des officiers en question. Engen se penche aussi sur l’équipe interarmes que formaient l’artillerie, l’infanterie, les blindés et la force aérienne et il se prononce sur l’efficacité de l’infanterie canadienne au cours de cette période. Dans ses conclusions, il fait valoir que le soldat canadien de l’époque était agressif et ingénieux, ce qui fait certes contraste avec les déductions que Marshall tire sur le rendement des soldats de son pays pendant le même conflit.

Cependant, le livre d’Engen se distingue de celui de Glenn par le fait que ce dernier attribue au leadership et à l’entraînement la différence entre les faibles « taux de tir » observés par Marshall pendant la Seconde Guerre mondiale et les taux beaucoup plus élevés des fantassins américains au Vietnam; ce sont là deux aspects qu’il examine d’assez près. La seule faiblesse de l’ouvrage d’Engen, Canadians under Fire, réside sans doute dans le fait qu’il n’approfondit pas autant ces aspects de l’expérience des fantassins canadiens pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour être juste, il faut se rappeler qu’Engen a dépouillé un groupe de documents historiques dont l’objet était de fournir un instantané de l’expérience des Canadiens au combat dans le contexte de l’époque et que ces documents visaient surtout à cerner les leçons tactiques à tirer du combat. D’un autre côté, Glenn a conçu ses propres questionnaires qu’il a fait remplir par des anciens combattants de la guerre du Vietnam, plus de deux ans après la fin du conflit. Par conséquent, la recherche de Glenn pouvait aborder plus en détail des questions beaucoup plus vastes, et elle l’a effectivement fait.

Quoi qu’il en soit, Engen fournit un trésor d’analyses et de sources historiques utiles à quiconque s’intéresse aux études militaires canadiennes. Son œuvre procure à d’autres historiens les bases voulues pour examiner ce qui a permis aux fantassins canadiens de se distinguer comme ils l’ont fait pendant la guerre. Ce qui importe sans doute le plus pour les spécialistes actuels des affaires militaires canadiennes, c’est qu’Engen emploie notre expérience militaire nationale pour remettre en question l’applicabilité des conclusions tirées par S.L.A. Marshall dans le contexte de l’entraînement en vue des guerres du XXIe siècle. Par conséquent, le livre Canadians under Fire est une œuvre solide qui sera utile tant aux militaires professionnels qu’aux historiens militaires.

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Le Colonel Howard G. Coombs, Ph.D., est professeur adjoint au Collège militaire royal du Canada et il fait actuellement partie de la Direction de l’apprentissage et de l’innovation à l’Académie canadienne de la Défense. Il est aussi officier de la Réserve à temps partiel et il a commandé le Princess of Wales’ Own Regiment, unité d’infanterie basée à Kingston. Il occupe maintenant le poste de directeur du Programme de commandement et d’état-major interarmées (Apprentissage à distance) au Collège des Forces canadiennes.

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